Gisèle Halimi, une farouche liberté

Egalité

Mis à jour le mercredi 19 mars 2025 , par Laurent Renaud

Le club Egalité a permis à certain⸱e⸱s élèves d’assister à la pièce de théâtre "Gisèle Halimi, une farouche liberté" le 8 janvier à Antony. Nous vous partageons cette critique, écrite par les élèves.

Gisèle Halimi, une farouche liberté est une pièce de théâtre mise en scène par Léna Paugam et adaptée du livre d’entretien de Gisèle Halimi avec la journaliste Annick Cojean. Cette pièce est un hommage à la célèbre avocate que l’on suit à travers sa carrière et sa vie personnelle de son enfance jusqu’à ses derniers jours. Elle est interprétée par Marie-Christine Barrault et Hinda Abdelaoui représentant chacune la vision du monde d’une Gisèle Halimi âgée et plus jeune.
Lors de cette pièce, nous retraçons sa vie à travers l’échange de souvenirs entre les deux interprètes qui, tour à tour, portaient la parole de l’avocate. Cela nous a permis de comprendre ses ambitions et de faire face à son histoire comme à un vieux souvenir qu’elle souhaiterait nous partager. On nous y présente les moments les plus connus de sa carrière faisant polémique au cours du siècle dernier et même encore aujourd’hui ! Par exemple, le procès de Bobigny en 1972 au sujet de l’avortement, l’affaire Tonglet-Castellano, le procès pour viol d’Aix-en-Provence en 1978 (qui a permis de faire évoluer la loi en redéfinissant ce crime)… On peut aussi évoquer les affaires de condamnations sur des aveux extorqués en 1956 dans lesquelles elle dénonce les tortures pratiquées par l’armée française et prend donc position en faveur de l’indépendance de l’Algérie. Mais nous découvrons aussi sa vie personnelle l’ayant amenée à autant s’engager dans la lutte féministe ; on y raconte ses rébellions lors de son enfance et son parcours d’avocate ayant commis le délit d’avorter. Elle s’engagea en légiférant pour s’attaquer aux racines des problèmes de la société dont elle avait subi des injustices comme de nombreuses femmes, dont elle souhaita changer les conditions de vie.
En tant que spectatrices nous avons réellement été immergées dans les procès grâce aux deux actrices s’adressant à nous comme juges ou en tant qu’opinion publique témoin des procès et de leurs enjeux. Cet effet est amplifié par les archives sonores jouées qui nous mettent face à l’avis du public et des médias. On y voit aussi des projections de textes cités de la biographie, permis par le décor épuré nous faisant voyager du foyer de Gisèle Halimi au tribunal ou même en prison. Grâce à ce décor nous découvrons l’environnement dans lequel elle évolue. D’autre part, nous avons beaucoup apprécié la prise en considération de la condition des enfants et des personnes âgées par la représentation de Gisèle Halimi enfant et âgée exprimant ses opinions et idées. On comprend alors qu’ils sont souvent oubliés et que leurs sentiments et libre arbitre ne sont pas pris en compte, voire discrédités.
On a pu observer grâce à l’interprétation des deux actrices la détermination de Gisèle Halimi qui est au final actrice et sujet des combats qu’elle a choisi de mener. Elle fut accompagnée par de grandes figures comme Simone de Beauvoir mais aussi par des femmes issues de tous milieux, mises à l’honneur grâce à la projection lors de la pièce de leurs signatures dans le manifeste des 343, pétition appelant à la légalisation de l’avortement.

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