Wolf Wajsbrot, né à Kraśnik (Pologne), fusillé à 19 ans

Contexte de la photographie : à la prison de Fresnes, au début de l’année 1944

Source : BundesarchivKoblenz [1]

Biographie

Wolf Wajsbrot est né le 3 mars 1925 à Kraśnik, en Pologne, dans une famille juive. En 1933, il fuit son pays natal avec ses parents pour échapper aux persécutions nazies. Ce n’est qu’en 1934 qu’ils arrivent en France et ils s’installent à Ivry-sur-Seine, en région parisienne. Durant sa jeunesse, Wolf apprend le métier de mécanicien et adhère aux Jeunesses communistes. Ses parents sont déportés en 1942 et assassinés au camp d’Auschwitz après avoir subi la rafle du Vélodrome d’Hiver, une opération menée par la police française.

En janvier 1943, décidé à résister contre l’occupant nazi, Wolf devient membre des FTP-MOI, dans le 2e détachement juif puis le 4e détachement des dérailleurs. Il participe à une dizaine d’actions, notamment avec Marcel Rajman. Ensemble, ils commettent plusieurs sabotages, dont des destructions de voies ferrées à Grandpuits et Chatelet-en-Brie, pour ralentir l’armée allemande. En juillet 1943, en raison de l’intensité de ces actions, Wolf est repéré, suivi et finalement arrêté par les Brigades spéciales. Lors de son arrestation, il est en possession de deux fausses identités, de tracts, d’armes et de documents des FTP-MOI. Il est emprisonné à Fresnes, où il est torturé, mais ne trahit pas ses camarades. En février 1944, il est jugé et est fusillé le 21 février 1944 au Mont Valérien. Il est l’un des visages de l’Affiche rouge avec la mention « Juif Polonais, 1 attentat – 3 déraillements ».

Wolf Wajsbrot adresse une dernière lettre à son ami Jean avant son exécution : « Je meurs en espérant que vous aurez tous une vie meilleure et je te charge de faire mes adieux à tous les camarades du pays. Et d’embrasser plus tard toute ma famille et j’espère que tu reverras un jour ma chère petite Suzy dont ma dernière pensée s’en va vers elle et j’espère qu’elle trouvera un jour un mari qui la rendra heureuse  ». Il est reconnu « Mort pour la France » en 1958.

Auteurs : Raphaël Van Beers, Arold Trobia, Erouane El Moujtahid, Mohamad Faty de la classe de 2GT4 de l’année 2024-2025.

Dialogue imaginaire

La parole ou pensée du résistant imaginé par Youssef CHENIOUR BENZINA, élève de 1MELEC de l’année 2024-2025 :
« Je n’ai que 18 ans et demain ma vie s’arrête. Dans cette froide cellule, un silence pèse sur nous tous. Je pense à mes parents évacués lors de cette maudite rafle. Je n’ai plus jamais eu de leur nouvelle. Sont-ils morts ? Ont-ils souffert ? Je me revois avec mes amis dans les rues d’Ivry. Je me revois dans cet atelier de mécanique, les mains tâchées de graisse, à rêver d’un avenir simple, libre. Je ne regrette rien. J’ai fait ce qu’il fallait faire : saboter les trains de Gestapo, combattre leur haine. Je suis juif, je suis ouvrier, je suis Français. ».

Documents joints


[1Photo Wajsbrot, Bundesarchiv, Bild 146-1983-009-08A

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